Droit du jeu
Casino en Ligne Légal en France 2026 - Vos Droits Avant de Jouer
Un casino en ligne légal en France, cela n’existe pas : en octobre 2026, aucun site ne peut obtenir d’agrément pour proposer des machines à sous, de la roulette ou du blackjack sur internet. La loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 n’a ouvert en ligne que les paris sportifs, les paris hippiques et le poker, et l’Autorité nationale des jeux n’agrée que ces trois activités. Cette page explique ce que dit le texte, qui il sanctionne, comment l’ANJ fait respecter l’interdiction, ce qu’a changé la loi du 3 août 2026, et surtout ce que cela signifie pour vous si vous jouez sur un site étranger. Chaque affirmation renvoie à un texte ou à une publication officielle.
Sommaire
- Le casino en ligne est-il légal en France ?
- Ce que la loi de 2010 a autorisé, et ce qu’elle a laissé de côté
- L’ANJ, le régulateur des jeux d’argent en France
- FDJ, PMU, Winamax, Betclic : le marché légal n’est pas un casino
- Article 56 de la loi : ce que risque l’opérateur
- Article 57 de la loi : la publicité est aussi un délit
- Ce que la loi prévoit pour le joueur
- Comment l’ANJ fait bloquer les sites illégaux
- La loi du 3 août 2026 : ce qui a changé cette année
- Légaliser le casino en ligne : où en est le débat
- Licence de Curaçao ou de Malte : sans valeur légale en France
- Vérifier qu’un site est agréé par l’ANJ
- Litiges : pourquoi le médiateur de l’ANJ ne peut pas vous aider
- L’interdiction volontaire de jeux de l’ANJ, et ses limites
- Casino en ligne légal en France : ce qu’il faut retenir
- Casino en ligne légal en France : questions fréquentes
Le casino en ligne est-il légal en France ?
Non. La réponse est courte et elle ne souffre pas d’exception. L’ANJ l’écrit sans détour : les jeux de casino, et en particulier les machines à sous en ligne, ne sont pas autorisés sur le marché français. Elle ajoute, sur sa page destinée aux joueurs, que tous les sites de casino en ligne sont illégaux en France et que la licence internationale qu’ils affichent n’y a aucune valeur légale.
Cette situation n’est pas un oubli administratif ni une zone grise. C’est le résultat d’un choix du législateur en 2010, confirmé depuis, de n’ouvrir à la concurrence que certaines catégories de jeux. Les casinos que nous présentons ailleurs sur ce site ne disposent pas d’un agrément de l’ANJ, et aucun ne pourrait en obtenir un pour ses jeux de casino. Nous le disons ici en premier, parce que c’est la donnée qui conditionne toutes les autres.
Ce que la loi de 2010 a autorisé, et ce qu’elle a laissé de côté
La loi du 12 mai 2010 relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne a mis fin au monopole sur une partie des jeux sur internet. Elle a créé un régime d’agrément pour des opérateurs privés, mais seulement pour trois activités. Le poker y figure au titre des « jeux de cercle ». Les jeux de casino, eux, sont restés hors du champ : aucune procédure ne permet de les proposer légalement en ligne.
| Catégorie | En ligne | Qui peut la proposer |
|---|---|---|
| Loterie et jeux de grattage | Oui | La FDJ, sous droit exclusif |
| Paris sportifs | Oui | Les opérateurs agréés par l’ANJ |
| Paris hippiques | Oui | Les opérateurs agréés par l’ANJ |
| Poker (jeux de cercle) | Oui | Les opérateurs agréés par l’ANJ |
| Machines à sous | Non | Personne |
| Roulette, blackjack, baccara | Non | Personne |
| Casino live avec croupier | Non | Personne |
L’offre légale en ligne se limite donc aux 17 opérateurs agréés par l’ANJ et à la FDJ ; tous les autres sites de jeux d’argent sont illégaux en France. Les jeux de casino restent permis dans les casinos physiques, qui relèvent d’un autre régime, mais cette autorisation ne s’étend pas à internet.
Pourquoi les machines à sous en ligne restent interdites
Le texte de 2010 n’a tout simplement pas prévu de catégorie pour elles, et aucune loi postérieure ne l’a fait. On lit souvent des explications toutes faites sur les motifs du législateur ; nous nous en tiendrons à ce qui est vérifiable. Le seul projet récent d’ouverture, en 2024, a été retiré après la mobilisation des casinos physiques et de nombreux maires de communes qui en accueillent. Et l’étude réalisée pour l’ANJ en 2023 indique que 79 % du chiffre d’affaires du marché illégal provient de joueurs en difficulté, une donnée qui pèse dans tout débat sur le sujet.
L’ANJ, le régulateur des jeux d’argent en France
L’Autorité nationale des jeux a été créée par une ordonnance du 2 octobre 2019 et s’est installée en juin 2020, en remplacement de l’ARJEL. Son champ est plus large que celui de sa devancière : elle régule l’ensemble des jeux d’argent, de la FDJ et du PMU aux opérateurs en ligne, et intervient aussi auprès des casinos physiques pour ce qui touche à la protection des joueurs. Elle est présidée depuis juin 2026 par Pascal Chevremont.
Pour un joueur, l’ANJ remplit quatre fonctions qui le concernent directement :
- elle délivre et contrôle les agréments des opérateurs de paris sportifs, de paris hippiques et de poker ;
- elle gère le fichier des interdits de jeux et le service d’interdiction volontaire ;
- elle fait bloquer et déréférencer les sites illégaux ;
- elle publie la liste des opérateurs agréés, seule référence pour savoir qui est autorisé.
Elle n’obtient jamais d’indemnisation pour un joueur individuel, même sur le marché agréé. Les litiges y sont confiés au médiateur des jeux, dont il sera question plus bas.
FDJ, PMU, Winamax, Betclic : le marché légal n’est pas un casino
Les noms que vous connaissez par la publicité télévisée ou les maillots de football appartiennent au marché agréé. Ils ne proposent pas de casino en ligne, parce qu’aucun opérateur ne le peut. Les présenter comme des « casinos en ligne légaux », comme le font certains comparatifs, induit en erreur le lecteur qui cherche des machines à sous.
| Acteur | Ce qu’il propose en ligne | Ce qu’il ne propose pas |
|---|---|---|
| FDJ | Loterie et jeux de grattage sous droit exclusif, paris sportifs | Machines à sous, roulette, blackjack |
| PMU | Paris hippiques, ainsi que d’autres activités agréées | Jeux de casino |
| Winamax | Poker et paris sportifs | Jeux de casino |
| Betclic | Paris sportifs, paris hippiques et poker | Jeux de casino |
Ce tableau donne une idée générale et peut évoluer : l’agrément d’un opérateur porte sur des activités précises, et la seule source qui fasse foi est la liste publiée par l’ANJ sur anj.fr. Si vous voulez jouer dans un cadre où l’ANJ et le médiateur des jeux peuvent intervenir pour vous, c’est vers ces activités et ces opérateurs qu’il faut se tourner, en sachant que vous n’y trouverez pas de jeux de casino.
Article 56 de la loi : ce que risque l’opérateur
L’article 56 de la loi de 2010 vise celui qui offre ou propose des jeux d’argent en ligne sans agrément de l’ANJ ni droit exclusif. Proposer un tel service est un délit. Les peines, dans la version en vigueur depuis le 1er mai 2012, sont lourdes :
| Infraction | Texte | Peine maximale |
|---|---|---|
| Proposer des jeux d’argent en ligne sans agrément | Art. 56, loi 2010-476 | 3 ans d’emprisonnement et 90 000 € d’amende |
| La même infraction en bande organisée | Art. 56, loi 2010-476 | 7 ans d’emprisonnement et 200 000 € d’amende |
| Faire de la publicité pour un site non autorisé | Art. 57, loi 2010-476 | 100 000 € d’amende, portée jusqu’au quadruple des dépenses publicitaires |
S’y ajoutent la confiscation et d’autres peines complémentaires. Ces sanctions ne sont pas théoriques. En 2025, les deux gérants français d’un réseau de casinos en ligne visant la France, dont Crésus Casino, ont été mis en examen et placés en détention provisoire. Le site avait été bloqué par l’ANJ en juin 2024, avant un signalement au parquet de Paris et l’ouverture d’une information judiciaire en janvier 2025.
Article 57 de la loi : la publicité est aussi un délit
L’article 57, dans sa version en vigueur depuis le 4 mars 2022, punit quiconque fait de la publicité, par quelque moyen que ce soit, en faveur d’un site de jeux d’argent non autorisé. L’amende est de 100 000 €, et le tribunal peut la porter au quadruple des dépenses publicitaires consacrées à l’activité illégale. Les mêmes peines s’appliquent à qui publie les cotes de sites non autorisés pour en faire la promotion.
La formule « par quelque moyen que ce soit » ne se limite pas aux annonces payantes. L’ANJ fait d’ailleurs bloquer des sites qui se contentent de promouvoir une offre illégale : en 2025, 54 de ses 227 décisions de blocage visaient des sites publicitaires, soit 13 % des adresses bloquées, contre 7 % l’année précédente. Le 16 juillet 2026, elle a fait bloquer Polymarket au motif que sa page d’accueil affichait des cotes.
Un joueur qui partage des codes de parrainage, des liens d’affiliation ou diffuse ses parties en direct n’est plus un simple joueur aux yeux de la loi. Ces pratiques peuvent relever de la publicité au sens de l’article 57.
Ce que la loi prévoit pour le joueur
C’est la question que la plupart des pages traitent mal, soit en affirmant que le joueur « ne risque rien », soit en le menaçant de poursuites. La réalité, telle qu’elle ressort des textes, est plus précise. Les articles 56 et 57 sanctionnent celui qui propose les jeux et celui qui en fait la publicité. Aucun des deux ne mentionne la personne qui se contente de jouer. L’ANJ, dans son rapport annuel et sa foire aux questions, présente d’ailleurs la situation du joueur en termes de risques, et réserve la qualification de délit pénal à l’offre et à la publicité.
Nous n’avons trouvé aucun cas publié de joueur poursuivi pour avoir simplement joué sur un site illégal. Cela ne permet pas d’affirmer qu’aucun texte ne pourrait jamais l’atteindre : le Code de la sécurité intérieure réprime aussi l’organisation de jeux en termes larges, et nous n’avons pas pu en consulter la version en vigueur. Retenez ceci : la loi française sanctionne ceux qui proposent des jeux de casino en ligne sans agrément et ceux qui en font la publicité. Le joueur, lui, n’est pas visé par ces textes, mais il s’expose à autre chose : il joue sans filet, sans personne à qui se plaindre, et sans assurance que ses gains lui seront versés.
Casino en ligne illégal : quels risques concrets pour le joueur
L’ANJ dresse elle-même la liste des risques auxquels s’exposent les joueurs des sites sans agrément :
- des gains qui ne sont pas versés, sans moyen de les réclamer ;
- la fraude sur le moyen de paiement, certains sites prélevant le compte bancaire à plusieurs reprises sans consentement ;
- le vol de données personnelles et l’installation de logiciels malveillants ;
- aucune protection en cas de litige ;
- aucun contrôle de l’âge ;
- aucune protection pour les joueurs excessifs ni pour les personnes interdites de jeux, et pas d’auto-exclusion.
À cela s’ajoutent deux conséquences de l’action de l’État, détaillées plus loin : le site peut devenir inaccessible du jour au lendemain par décision de blocage, et les flux financiers vers l’opérateur peuvent être gelés, ce qui peut bloquer un dépôt comme un retrait.
Quand un lecteur me demande s’il risque une amende, je lui réponds que la vraie question est ailleurs. Le jour où son retrait n’arrive pas, il n’aura personne en France vers qui se tourner. C’est ce risque-là qu’il faut peser avant de déposer.
Hélène Marchand, Rédactrice en chef, casinos en ligne
Comment l’ANJ fait bloquer les sites illégaux
Depuis la loi du 2 mars 2022, le blocage passe par une procédure administrative, et non plus par le juge. Le délai est tombé à environ deux mois, contre six à neuf mois auparavant. La procédure suit des étapes fixes :
- Premier constatUn agent assermenté de l’ANJ constate l’offre illégale ou la publicité en sa faveur.
- Mise en demeureL’éditeur du site et son hébergeur sont mis en demeure.
- Délai de réponseIls disposent de cinq jours pour se mettre en conformité ou répondre.
- Second constatL’agent vérifie que l’offre ou la publicité est toujours en ligne.
- Ordre de blocageLa présidence de l’ANJ ordonne aux fournisseurs d’accès à internet de bloquer le site et aux moteurs de recherche de le déréférencer.
Les volumes sont importants. En 2024, l’ANJ a pris 232 décisions couvrant 1 337 adresses. En 2025, 227 décisions ont visé 1 290 adresses, et 398 autres adresses ont été fermées volontairement après mise en demeure. Plusieurs sites bloqués en 2025 avaient reçu au moins un million de visites françaises dans les six mois précédents.
La liste noire de l’ANJ, et ce qu’elle ne dit pas
L’ANJ publie une « liste noire » des sites visés par une décision de blocage, téléchargeable au format tableur. Elle n’est pas exhaustive : un site qui n’y figure pas n’est pas pour autant autorisé. Le seul critère est la présence sur la liste des opérateurs agréés. Les joueurs peuvent aussi signaler un site à l’ANJ.
La loi du 3 août 2026 : ce qui a changé cette année
La loi n° 2026-725 du 3 août 2026, consacrée au sport professionnel, contient plusieurs articles qui modifient la loi de 2010. Publiée au Journal officiel du 4 août 2026, elle est en vigueur. Depuis août 2026, l’ANJ dispose de nouveaux moyens contre les sites illégaux, notamment pour bloquer leurs flux financiers.
| Article | Ce qu’il change | Pour qui |
|---|---|---|
| Art. 40 | Élargit le cercle des intermédiaires techniques auxquels l’ANJ peut adresser ses ordres de blocage | Les intermédiaires techniques destinataires des ordres |
| Art. 42 | Confie à la présidence de l’ANJ le gel des flux financiers des opérateurs illégaux, pour six mois renouvelables | Les opérateurs illégaux et leurs clients |
| Art. 39 | À partir du 1er janvier 2027, limites de pertes obligatoires pour les 18-25 ans sur les sites agréés | Les jeunes joueurs du marché agréé |
Le gel des paiements vers les opérateurs illégaux
Le Code monétaire et financier, à son article L. 563-2, permettait déjà d’interdire pour six mois renouvelables tout transfert de fonds vers ou depuis des comptes identifiés comme appartenant à des opérateurs illégaux. En 2025, l’ANJ avait demandé au ministre du Budget d’utiliser cet outil et réuni l’ACPR, les banques et des plateformes de cryptoactifs pour travailler au blocage des flux par carte et en cryptomonnaie. La loi de 2026 transfère la décision du ministre à la présidence de l’ANJ, réduit le délai de préavis de huit à cinq jours et prévoit que la décision soit notifiée aux prestataires de paiement établis en France.
Pour vous, la conséquence pratique est simple : l’ANJ peut faire interdire les virements vers les comptes des opérateurs illégaux, et un dépôt comme un retrait peuvent alors être bloqués. De son côté, et sans attendre aucune décision de l’ANJ, votre banque a la faculté de bloquer un paiement destiné à un site de jeux sans autorisation française.
Ce que la loi de 2026 ne fait pas
Elle ne légalise aucun jeu de casino en ligne. Elle ne modifie pas non plus les peines des articles 56 et 57. Quant à la loi du 25 juin 2026 sur la fraude sociale et fiscale, parfois citée à tort, elle ne touche pas à ces deux articles.
Légaliser le casino en ligne : où en est le débat
Le sujet revient régulièrement, et il est souvent présenté comme imminent. Les faits sont plus modestes. Le 19 octobre 2024, le gouvernement a déposé un amendement au projet de loi de finances pour 2025 visant à ouvrir les casinos en ligne, avec un prélèvement de 55,6 % du produit brut des jeux. Il l’a retiré une dizaine de jours plus tard, après la mobilisation des casinos physiques et d’environ 130 maires de communes qui en accueillent.
Une concertation a été lancée début novembre 2024, organisée en trois groupes de travail : addiction, ordre public et fraude, impact économique sur les casinos physiques. Elle n’a pas abouti : elle s’est arrêtée avec la chute du gouvernement en décembre 2024 et n’a pas repris depuis.
En octobre 2026, aucun texte n’a légalisé le casino en ligne en France, et aucun projet n’est inscrit à l’ordre du jour du Parlement. Nous ne publions aucune date de légalisation, parce qu’aucune n’existe.
Licence de Curaçao ou de Malte : sans valeur légale en France
Les casinos étrangers mettent en avant leur licence, souvent délivrée à Curaçao, à Anjouan, à Kahnawake ou à Malte. Une licence étrangère n’a aucune valeur légale en France. Elle ne rend pas le site autorisé, ne vous donne pas accès au médiateur des jeux et ne vous ouvre aucun recours devant une autorité française. Même une licence maltaise, réputée plus exigeante, ne change rien : aucun opérateur ne peut proposer de casino en ligne aux joueurs français dans un cadre légal.
Ces licences ne sont pas pour autant équivalentes entre elles, et certaines prévoient une procédure de réclamation auprès du régulateur étranger. La comparaison détaillée, avec ce que chaque autorité fait et ne fait pas pour un joueur, se trouve dans notre dossier sur le casino en ligne fiable. Retenez seulement qu’aucune ne vous replace sous la protection du droit français des jeux.
Un logo « agréé ANJ » sur un site absent de la liste officielle est une tromperie. L’ANJ le qualifie d’usage frauduleux destiné à induire le joueur en erreur. Aucun casino en ligne ne peut afficher ce logo à bon droit.
Vérifier qu’un site est agréé par l’ANJ
La vérification prend une minute et ne repose sur aucune déclaration du site lui-même :
- ouvrez la liste des opérateurs agréés sur anj.fr ;
- cherchez le nom exact du site et celui de la société qui l’exploite ;
- vérifiez que l’agrément couvre l’activité qui vous intéresse : paris sportifs, paris hippiques ou poker ;
- si le site propose des machines à sous, de la roulette ou du blackjack en ligne, inutile de chercher plus loin : il n’est pas agréé.
Un site absent de cette liste n’est pas autorisé, qu’il figure ou non sur la liste noire. Un site qui revendique un agrément français pour des jeux de casino en ligne se disqualifie par cette seule revendication.
Litiges : pourquoi le médiateur de l’ANJ ne peut pas vous aider
Sur le marché agréé, un joueur en désaccord avec un opérateur peut saisir le médiateur des jeux, Jérôme Gallot depuis le 2 décembre 2024. Mais ce médiateur ne traite que les litiges avec les opérateurs agréés par l’ANJ, la FDJ et le PMU. La foire aux questions de l’ANJ est explicite : ni l’ANJ ni le médiateur des jeux ne sont compétents pour un litige avec un opérateur illégal.
| Recours | Site agréé par l’ANJ | Casino sans agrément français |
|---|---|---|
| Médiateur des jeux | Oui | Non |
| Intervention de l’ANJ | Contrôle de l’opérateur | Blocage du site, pas de règlement de votre litige |
| Signalement sur signal.conso.gouv.fr | Le médiateur reste la voie prévue | Oui, c’est la démarche indiquée par l’ANJ |
| Contestation bancaire | Pour une opération non autorisée | Pour une opération non autorisée |
| Réclamation au régulateur étranger | Sans objet | Parfois possible, sans effet contraignant garanti |
En cas de litige avec un casino sans agrément français, la seule démarche officielle en France est donc le signalement sur signal.conso.gouv.fr, qui transmet l’information à la DGCCRF. Il ne garantit aucun remboursement.
Ce que dit le Code civil, et les prélèvements non autorisés
Le Code civil, à son article 1965, n’accorde aucune action en justice pour une dette de jeu, et son article 1967 empêche en principe celui qui a perdu de récupérer ce qu’il a volontairement payé, sauf fraude. Ne comptez donc pas sur un tribunal français pour contraindre un casino étranger à vous verser un gain. En revanche, un prélèvement que vous n’avez pas autorisé peut être contesté auprès de votre banque, dans un délai de treize mois ; un dépôt que vous avez validé, en général non.
L’interdiction volontaire de jeux de l’ANJ, et ses limites
L’interdiction volontaire de jeux est un dispositif strictement personnel et confidentiel, géré par l’ANJ. Elle ferme l’accès aux casinos physiques, aux clubs de jeux, aux sites agréés et aux jeux de la FDJ et du PMU joués avec un compte. Elle dure au minimum trois ans et ne prend fin que si vous en demandez la levée après ce délai. La demande se fait en ligne sur interdictiondejeux.anj.fr, avec une pièce d’identité et une vérification par selfie, et prend effet en quelques jours. Plus de 85 000 personnes y sont inscrites.
Le fichier n’a de portée que sur l’offre agréée : un casino en ligne sans agrément français ne le consulte pas, et l’interdiction n’y produit aucun effet protecteur. L’ANJ relève que des jeunes interdits de jeux se tournent vers l’offre illégale précisément pour cette raison. Si vous êtes concerné, la bonne porte n’est pas un autre site mais Joueurs Info Service : composez le 09 74 75 13 13, n’importe quel jour de 8 h à 2 h, sans donner votre nom et sans payer de surtaxe. Vous pouvez aussi joindre SOS Joueurs au 09 69 39 55 12 ou faire le point sur evalujeu.fr.
Les jeux d’argent sont interdits aux moins de 18 ans, en ligne comme en point de vente. Seul un adulte peut demander une interdiction volontaire de jeux.
Casino en ligne légal en France : ce qu’il faut retenir
- Aucun casino en ligne ne peut être agréé en France ; seuls les paris sportifs, les paris hippiques et le poker le sont, en plus de la loterie de la FDJ.
- L’article 56 punit l’opérateur sans agrément, l’article 57 punit la publicité en sa faveur.
- Le joueur n’est pas visé par ces deux articles, mais il ne bénéficie d’aucune protection et ses gains ne sont pas garantis.
- L’ANJ bloque des centaines de sites chaque année et peut, depuis août 2026, faire geler les flux financiers des opérateurs illégaux.
- Curaçao, Anjouan ou Malte : aucune licence étrangère ne vaut autorisation en droit français.
- En octobre 2026, aucun texte n’a légalisé le casino en ligne en France.
Si vous décidez malgré tout de jouer sur un site étranger, lisez au minimum notre dossier sur le casino en ligne fiable avant de choisir, et celui sur les méthodes de paiement avant de déposer. Pour la question des gains et de leur fiscalité, notre guide sur le casino en ligne argent réel reprend la règle applicable.
Casino en ligne légal en France : questions fréquentes
Quels jeux d’argent en ligne sont autorisés en France ?
Les paris sportifs, les paris hippiques et le poker, proposés par des opérateurs agréés par l’ANJ, ainsi que la loterie et les jeux de grattage de la FDJ. Les machines à sous, la roulette, le blackjack et le casino live ne peuvent pas être proposés légalement en ligne, quel que soit l’opérateur.
Quelle loi encadre les jeux d’argent en ligne en France ?
La loi n° 2010-476 du 12 mai 2010, relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne. Ses articles 56 et 57 sanctionnent l’offre sans agrément et la publicité en faveur d’un site non autorisé. La loi n° 2026-725 du 3 août 2026 l’a complétée, notamment sur le blocage et le gel des flux financiers.
Est-ce que je risque quelque chose en jouant sur un casino en ligne étranger ?
Les articles 56 et 57 visent l’opérateur et la publicité, pas la personne qui joue, et nous n’avons trouvé aucun cas publié de joueur poursuivi pour avoir seulement joué. Le risque principal est ailleurs : gains non garantis, fraude au paiement, vol de données, aucun recours en France, et des paiements qui peuvent être bloqués par votre banque ou sur décision de l’ANJ.
Un casino avec une licence de Curaçao ou de Malte est-il légal en France ?
Non. Une licence étrangère n’a aucune valeur légale en France, qu’elle vienne de Curaçao, d’Anjouan, de Kahnawake ou de Malte. Aucun opérateur ne peut proposer de jeux de casino en ligne aux joueurs français dans un cadre légal, et une licence étrangère ne donne accès ni au médiateur des jeux ni à l’ANJ.
Le casino en ligne va-t-il être légalisé en France ?
Rien ne permet de l’annoncer. Un amendement en ce sens a été déposé en octobre 2024 puis retiré une dizaine de jours plus tard, et la concertation ouverte ensuite n’a pas abouti. En octobre 2026, aucun texte n’a légalisé le casino en ligne en France et aucun projet n’est inscrit à l’ordre du jour du Parlement.
Comment vérifier qu’un site est agréé par l’ANJ ?
Consultez la liste des opérateurs agréés publiée sur anj.fr et cherchez-y le nom du site et de sa société. Vérifiez que l’agrément couvre l’activité proposée. Un site qui propose des machines à sous ou de la roulette en ligne n’y figurera pas, et un logo « agréé ANJ » sur un site absent de la liste est une tromperie.
Que se passe-t-il si un casino étranger refuse de payer mes gains ?
Ni l’ANJ ni le médiateur des jeux ne peuvent intervenir. Vous pouvez réclamer par écrit auprès de l’opérateur, saisir le régulateur qui lui a délivré sa licence, sans garantie de résultat, et faire un signalement sur signal.conso.gouv.fr. Le Code civil n’accordant pas d’action pour une dette de jeu, un recours en justice en France a peu de chances d’aboutir.
Pourquoi certains casinos en ligne deviennent-ils inaccessibles ?
Parce que l’ANJ peut ordonner aux fournisseurs d’accès à internet de bloquer un site de jeux illégal et aux moteurs de recherche de le déréférencer, au terme d’une procédure d’environ deux mois. En 2025, 1 290 adresses ont été bloquées. Un compte ouvert sur un tel site peut donc devenir inaccessible, solde compris.
Comment se faire interdire de jeux en France ?
En demandant une interdiction volontaire de jeux sur interdictiondejeux.anj.fr, avec une pièce d’identité. Elle dure au moins trois ans et couvre casinos physiques, clubs de jeux, sites agréés et jeux FDJ et PMU avec compte. Un site sans agrément français, lui, ne vérifie pas ce registre. Pour être accompagné, appelez Joueurs Info Service au 09 74 75 13 13.
Que change la loi du 3 août 2026 pour les joueurs ?
Elle renforce les moyens de l’ANJ contre les sites illégaux : la présidence de l’ANJ peut désormais faire geler pour six mois renouvelables les flux financiers des opérateurs illégaux, ce qui peut bloquer dépôts et retraits. À partir du 1er janvier 2027, les 18-25 ans devront aussi fixer des limites de pertes sur les sites agréés.
